Critique : « Le couloir du monde oublié »

Le livre qui fascine les historiens

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John Minh, Le couloir du monde oublié. Éditions aléatoires, 314 pages, 21,90 €. Février 2017.

Depuis sa parution, début février 2017, ce manuscrit millénaire trouvé récemment parmi les momies celtes du Xinjiang, en Chine et rendu public grâce à son traducteur, John Minh, n’en finit pas d’enflammer les cercles littéraires et de faire jaser scientifiques, historiens, archéologues et curieux du monde entier.

Il y a une dizaine d’années, on découvrait dans le désert du Taklamakan, à l’Ouest de la Chine, environ 400 momies « blanches », parfaitement conservées malgré leurs 3 000 ou 4 000 ans d’âge, et dont l’ADN a révélé les origines celtes. Un mystère pour les spécialistes, qui ne s’expliquent pas la présence de cette population européenne à quelques milliers de kilomètres de l’Occident.

Le manuscrit découvert non loin des momies il  y a peu, et tout juste publié sous le titre Le couloir du monde oublié, pourrait bien faire toute la lumière sur ce mystère…

Écrit de la plume d’un homme d’origine asiatique dont le nom n’est pas mentionné dans le texte, le livre raconte, à la manière d’un journal non daté, la vie qu’il mène depuis sa naissance dans un endroit étrange, sombre, chaud et rocailleux, où les sources d’eau et denrées comestibles se font de plus en plus rares.

L’homme évoque une légende racontée de génération en génération, selon laquelle ses ancêtres vivaient jadis dans un monde merveilleux, empli de lumière, d’eau et de victuailles à volonté. Menacés par ce qu’ils appelaient « les comètes de feu », ils avaient été contraints de s’enfuir pour rejoindre le monde des ténèbres que le jeune homme et sa tribu connaissaient. Personne ne savait plus si cette légende avait le moindre fondement réel et n’avait même la moindre idée de ce que pouvait être une « comète de feu ».

Les ressources venant à s’épuiser de plus en plus, le narrateur narre les pérégrinations de son peuple dans les méandres des galeries rocailleuses, en quête de nourriture, qui l’amèneront à faire la rencontre, au détour de leur chemin labyrinthique, d’une autre tribu étrange, parlant une langue incompréhensible et composée d’hommes roux et de femmes blanches. Pacifiques, les deux peuples décident de s’épauler pour survivre et ensemble, emprunteront sans le savoir le « couloir du monde oublié » : celui qui les mènera à la surface de la terre, dans le désert du Taklamakan.

Ce récit, étonnamment assez simple à lire, est somme toute assez étrange – car tellement éloigné de ce que l’on connaît, à tous les points de vue – mais néanmoins passionnant, d’autant plus que le narrateur s’éprend d’une des femmes de l’autre tribu, qui d’après les descriptions, pourrait correspondre, parmi les momies découvertes, à celle d’une très belle femme surnommée par les archéologues la Beauté de Loulan.

Ce qui donne encore plus de piment à l’ouvrage, c’est le fait qu’il défraie la chronique, entre ceux qui défendent avec ferveur la véracité du récit et les sceptiques qui émettent des tas d’hypothèses, comme c’est le cas dans de nombreux magazines littéraires.

« Avec Le couloir du monde oublié, on découvre un texte incroyable et un des témoignages les plus précieux remettant sérieusement en question un bon nombre de nos théories et notamment celles qui concernent les civilisations disparues… et qui n’est pas sans rappeler Voyage au centre de la Terre. Jules Verne avait-il vu juste sur l’existence d’un monde sous nos pieds ? » Le Monde des Livres.

« Un livre mystérieux aux allures de récit biblique. » Le Point.

« Le premier roman de l’humanité était une science-fiction ! Le manuscrit authentique de plusieurs milliers d’années découvert dans un désert chinois sait étonnamment tenir en haleine ses lecteurs, nous prouvant ainsi que l’homme sait depuis toujours inventer et raconter des histoires. » Le Nouvel Obs.

« Un coup de bluff éditorial payant : le bestseller adapté d’un manuscrit antique n’en finit plus de passionner les lecteurs férus d’histoire et avides de mystère. Après avoir été vendu à plus de 500 000 exemplaires en France depuis sa sortie, le roman sera bientôt épuisé. » Actualitté.

Il n’y a plus qu’un seul moyen de vous faire votre propre avis sur ce curieux bouquin : vous le procurer avant qu’il ne soit en rupture de stock et le dévorer !

***

Une critique fictive écrite pour l’agenda ironique de février, proposé par Jobougon, d’un livre fictif lui aussi. J’ai simplement généré une couverture de roman au hasard sur le site UnTitre (dont je vous avais déjà parlé ici), avec un nom d’auteur (ici traducteur, en l’occurrence) lui aussi généré tout à fait au pif, pour vous en faire la chronique.

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9 réflexions sur “Critique : « Le couloir du monde oublié »

  1. Quelle belle imagination ! C’est tellement bien présenté que ça donne envie d’y croire. J’ai attendu la fin, espérant que c’était vrai. Que j’allais pouvoir le dévorer. Je crois qu’il ne reste plus qu’une chose à faire. L’écrire.
    Merci grumots pour ce superbe voyage à travers l’histoire-fiction.
    Un nouveau genre littéraire.

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  2. « Du roux et du blanc, du blanc et du brun, du noir et du très noir , un livre moderne, que dis-je contemporain sur l’intégration et la migration » Le Caneton enchainé.
    Je l’ai lu, et il va être scénarisé très bientôt par Spielberg. On n’arrête pas l’Histoire en marche d’avant en arrière, d’arrière en avant !

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  3. Très belle mise en scène, d’une histoire exhumée.
    Sais-tu que des fouilles récentes de l’armée en terre cuite de King Xi Wang a révélé la présence de soldats écossais, mercenaires? Emigrés? Ou bien les descendants de ces celtes, dont parle « Le couloir du monde oublié » ? 😉

    Aimé par 1 personne

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