5 leçons d’écriture à tirer de Game of Thrones

Cette semaine marque la diffusion de la saison 6 tant attendue des fans de Game of Thrones ! L’occasion pour Grumots de tirer des leçons intéressantes de cette saga qui révolutionne la fantasy et la série télé.

Alors oui, je suis un peu gonflée de vous parler de ça, alors que je n’ai ni lu les romans… ni regardé la série ! En revanche, dans le cadre de mon travail, j’ai dû me « farcir » quelques dizaines de pages à corriger d’un hors-série qu’on a lancé sur le sujet… Donc autant vous dire que j’ai maintenant l’impression de connaître tous les personnages comme DSC_2454.JPGs’ils étaient des membres de ma famille (surtout depuis que j’ai dû vérifier lettre par lettre l’orthographe de tous les noms propres de l’univers créé par l’auteur, ce qui a abouti à des problématiques existentielles du style « écrit-on Marcheurs Blancs avec ou sans majuscules ? », sans parler de l’arbre généalogique format poster qu’on a dû me fournir pour que je m’y retrouve dans les personnages).

Bref, revenons à nos moutons. En lisant donc moult articles et interviews de l’auteur de la saga, George R. R. Martin, au sein dudit magazine (très fourni et bien conçu – oui au passage, je nous envoie des fleurs), quelques infos sur les coulisses de la saga ont titillé ma curiosité d’apprentie écrivain et j’en ai profité pour en tirer quelques leçons fort utiles pour de jeunes écrivains en herbe que nous sommes.

1. Pour conquérir un large public, utilisez la fantasy avec parcimonie.

Au départ, conscient que la fantasy (qu’il adore) est un genre plutôt classé jeunesse et boudé des adultes, l’auteur ne voulait pas forcément y inscrire ses romans. Il avait en tête de se concentrer sur le côté politique et médiéval, tout comme dans la saga des Rois maudits de Druon, dont il s’est notamment inspiré. Mais ses proches l’ont convaincu d’intégrer tout de même un peu de magie, de fantasy. Et c’est ce qu’il a fait. La fantasy dans GOT est dosée. Elle n’est pas omniprésente et cela permet de ne pas faire fuir les plus cartésiens des spectateurs qui n’accrochent pas des masses aux histoires de dragons. Dans l’ensemble, l’histoire est plutôt réaliste, le monde apparaît dans toute sa noirceur et sa cruauté mais c’est là que la fantasy intervient, comme une note positive, une planche de salut, un espoir. Ce qui permet à tous les lecteurs/spectateurs de l’apprécier.

2. Au diable les clichés : héros qui ne meurent jamais et happy ends…

Cela ne vous aura pas échappé : GOT révolutionne les codes de la fiction. Si on pense à un moment un personnage être le personnage principal, ça ne dure pas bien longtemps puisqu’il finit assez rapidement comme tous les autres – c’est-à-dire mort. De même, aucun personnage n’est complètement « méchant » ou « gentil » : les stéréotypes ont la vie dure dans GOT. L’auteur n’a pas d’attachement affectif envers ses personnages et n’hésite pas à les faire mourir si cela peut servir l’intrigue. Le personnage est un pion sur l’échiquier de l’histoire ! Et le lecteur/spectateur est, lui, à la fois frustré et fasciné. Pour une fois dans une fiction, on ne sait pas ce qui va se passer, qui va survivre ou non, comment ça va se finir. Rien n’est prévisible et c’est ça qui est bon ! Sûr de rien, le lecteur/spectateur s’amuse à émettre tout un tas d’hypothèses qu’il se hâte de vérifier en se jetant sur l’épisode/le tome suivant.

3. Ne renoncez pas à la complexité de l’intrigue, de peur que le lecteur ne parvienne pas à suivre.

Si l’histoire plaît et si tout est bien « ficelé », le lecteur suivra sans problème, quel que soit le degré de complexité du récit (et au contraire, il sera d’autant plus accroché si c’est complexe plutôt que s’il ne se passe rien ou que l’intrigue est stéréotypée ou prévisible). Si GOT est si difficile à adapter en série télé (l’auteur pensait d’ailleurs la saga impossible à adapter), c’est d’abord par sa complexité narrative stupéfiante : arcs narratifs et foisonnement de personnes s’emmêlent. Mais au final, le lecteur/spectateur arrive tout de même à suivre ! Enfin, presque. Une anecdote : en 2009, un épisode de la série a dû être réécrit car s’il avait été diffusé, en le visionnant, les spectateurs n’auraient rien compris. Tellement immergés dans l’histoire, les deux réalisateurs auraient omis « d’expliquer » certaines relations qui leur paraissaient évidentes. Par exemple, il n’était pas précisé que les amants surpris par Bran Stark en plein ébat sexuel étaient frère et sœur… La leçon qu’il faut retenir de cela : il faut simplement être très rigoureux et quand quelque chose de fonctionne pas, il suffit d’avoir la patience de recommencer…

4. On ne peut pas créer un univers crédible sans y intégrer cultes, dieux et religions.

C’est en tout cas l’avis de George R. R. Martin, et c’est ce qui fait toute la différence (entre autres) entre son œuvre et celle de Tolkien, le Seigneur des Anneaux. Dans Game of Thrones, la religion permet de nouveaux « ressorts narratifs ». Et en plus, cela rajoute une note de mysticisme.

5. Décomplexez-vous : ne vous privez pas de vous inspirer d’autres livres ou de faire des références à des univers que vous aimez !

Fanfiction, intertextualité : appelez-ça comme vous voulez… Toujours est-il que dans GOT se cachent pas mal de clins d’œil que seuls les geeks pourront relever. On a tendance à penser que la fanfiction (c’est-à-dire une fiction reprenant des éléments d’un univers fictif déjà connu) est une forme un peu bâtarde de littérature, dont l’auteur reprendrait un univers déjà créé et déjà « successful », mu par une obsession un peu flippante ou pire, par un pur manque d’imagination. Mais George R. R. Martin n’en a que faire : même si GOT n’est pas à proprement parler une fanfiction, la saga reprend quelques éléments des lectures préférées de l’auteur, comme autant de clins d’œil ou de « passages » vers d’autres univers connus… de Lovecraft à Shakespeare, en passant par les comics Marvel ! Au final, on pourrait décrire GOT comme un mix entre le Seigneur des Anneaux et les Rois Maudits, mais ça n’en fait pas moins une série unique.

Je termine par cette petite leçon de George R. R. Martin (là encore lue au fil des pages du magazine) : le secret, c’est qu’il faut non seulement écrire, mais terminer ce que l’on a commencé à écrire.

Oui, on est d’accord : élémentaire mon cher George, mais plus facile à dire qu’à faire !

Bon bah du coup, je vous laisse les choux à la crème, parce que j’ai du boulot si je dois terminer tous les textes de mes fonds de tiroir…

P.S. : Au fait, pour vous procurer ce magazine tant évoqué dans cet article, sachez qu’il est en kiosques en ce moment. Si ça vous a donné envie de le lire, vous n’avez plus qu’à aller courir chez votre marchand de journaux ou ici.

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